Voeux de Claire

 
 Je suis très heureuse de me retrouver parmi vous ce soir, en ce début d’année 2008.
 Depuis plus de 30 ans, la gauche dans son ensemble et le PS en particulier constituent ma deuxième famille, celle que j’ai choisie à l’âge adulte, pour ses valeurs, son histoire, ses combats, son humanisme, son idéal de justice sociale. Chers camarades, chers amis,
 
 Alors il est bon de se retrouver tous ensemble pour fêter cette nouvelle année, comme nous savons l’être aussi dans les moments importants ou difficiles qui jalonnent notre vie militante.
 Et je voudrais que nous ayons une pensée pour nos camarades absents, en particulier pour ceux qui souffrent.
 La fin de l’année 2007 a été marquée par le petit événement qu’a constitué notre vote pour la désignation du 1er socialiste pour la municipales.
  Au Parti Socialiste, les votes internes, les désignations sont des étapes qui légitiment les gagnants et qui sont toujours cruelles pour les perdants. Je le sais. Je l’ai vécu de très près. Mais je sais aussi que le militantisme et l’engagement l’emportent le plus souvent sur l’amertume. Et que ce soir, tous réunis, nous voulons aller à l’essentiel, et que notre objectif est le même : rendre Céret à la gauche.
 Mais je précise toutefois qu’à mon sens, camarades et amis, il est essentiel que la tête de liste de la gauche à Céret soit un militant ou une militante d’un parti politique. Car s’il est vrai que les partis politiques sont actuellement décriés, et malheureusement aussi les partis de gauche, il n’en demeure pas moins qu’ils sont, dans notre République, les garants de la Démocratie. Et d’ailleurs , c’est dans les moments les plus sombres de notre histoire récente qu’ils ont été supprimés. La démarche qui est la nôtre, cohérente et légitime, est de vouloir faire exister localement les partis politiques dans cette élection municipale. Affirmer cela ne signifie pas pour autant exclure de notre démarche ceux qui ne se reconnaissent pas dans nos structures mais qui revendiquent leur appartenance à la gauche.
 Lorsqu’on veut fédérer, il faut s’ouvrir en particulier aux militants antilibéraux, alter-mondialistes, mais aussi associatifs, ou tout simplement aux personnes de bonne volonté qui ont en commun avec nous de vouloir placer le « respect de l’humain et le respect de la planète » au centre de leur projet de société, et non le profit.
 Dans nos vies, au quotidien, ici et maintenant, nous ressentons les effets de la logique libérale qui veut depuis des années, et en particulier sous cette nouvelle ère Sarkozy, la valeur « travail », cette valeur qui, pour nous peuple de gauche, est l’axe primordial de nos existences, cette valeur travail perd du terrain sur la valeur « capital ». Aujourd’hui on vend des RTT, demain on travaillera le dimanche et on vendra nos congés. Ce rapport de forces travail-capital n’est pas un archaïsme, il est, je dirai même, cruellement actuel. Il faut encore et toujours tâcher d’inverser la tendance.
 Dans notre République un moyen d’intervenir, pour le peuple, c’est le vote. Et cela commence, tout à fait localement, par les élections municipales. Et les élections municipales sont des élections municipales, c’est simple à démontrer. Au soir du premier tour, on aura sur la carte de France ou du département une mosaïque de couleurs d’appartenances: rouge, rose, bleu. Comme pour toutes les autres élections c’est en terme politiques que seront traduits les résultats. Et le but avoué par Sarkozy, on le sait, c’est de recouvrir la France du bleu de l’UMP. Et que feront les maires et conseillers municipaux une fois élus ? Il y a deux illustrations de leur rôle politique, toutes simples.
 La première : de « Grands électeurs » désignés par les élus municipaux, éliront ensuite les sénateurs, qui ont une étiquette politique claire. Dans le département nous avons deux sénateurs UMP, dont on peut, sans se tromper, dire qu’ils ont bénéficié de l’apport de voix d’élus « apolitiques ». Les apolitiques on toujours eu un rôle déterminant dans cette élection des sénateurs. Et le Sénat est une assemblée qui demeure traditionnellement à droite. Sarkozy a fait de l’Assemblée Nationale une chambre d’enregistrement, il a un gouvernement de potiches, il veut confirmer au Sénat.
 La deuxième : le rôle des maires « apolitiques » est parfaitement illustré à Céret par notre débonnaire édile. Je reprendrai simplement les propos si justes de Chantal Décosse à son égard, laquelle disait : « Si la droite ne présente pas de liste à Céret, c’est qu’elle a trouvé chaussure à son pied avec la liste d’Alain Torrent ».
 
 Alors, nos propositions pour la ville seront bien sûr importantes ; mais dans celles-ci il nous faudra aussi montrer notre appartenance et notre différence par rapport à la politique national actuelle, qui a forcément des incidences sur la vie de chaque jour. Cela n’est pas antinomique, bien au contraire. On peut être de gauche, le dire clairement, le démontrer et le vouloir dans la gestion d’une cité, pour l’intérêt de tous et le respect de chacun. C’est certes du travail, un travail attentif, un travail de militants, auquel nous allons vous associer.
 
 Alors je voudrais bien poser les choses d’emblée et vous proposer tout d’abord, comme slogan de campagne, comme symbole, comme signal, cet extrait d’une phrase de Jean Jaurès, quand il définissait ainsi la mission de la gauche : « RALLUMER TOUS LES SOLEILS ».
 « Rallumer tous les soleils », tout d’abord et surtout, c’est sortir Céret de sa torpeur actuelle et la rendre à son rôle de premier plan, celui qu’elle tenait lorsque nos camarades, avant 2001, la géraient. Il faut pour cela valoriser ses magnifiques potentiels et avoir une exigence de qualité pour chaque point de notre projet que nous développerons pendant la campagne. Car nous sommes parmi les Cérétans de simples citoyens, avec l’exigence en plus, que mérite notre ville.
 Notre ville mérite que soit valorisé tout ce qui vient de son passé : l’histoire, la culture et l’agriculture, l’art et l’artisanat, le charme, les vieilles pierres, le site environnemental, pour tendre vers l’avenir. En recréant au présent une dynamique qui pérennise les activités existantes et qui allie entrepreneurs et investisseurs nouveaux. C’est la lumière des villes qui bougent qui constitue un attrait et crée de l’emploi. C’est important aussi pour tout le Vallespir.
 Ce nouveau dynamisme il doit partir du cœur, du centre ville, historique et commerçant, qui donne son identité à Céret et qui doit rayonner sur tout le territoire de la commune et au-delà. Valoriser et embellir le centre ville sera donc pour nous une priorité. Et tout cela nous le travaillerons dans le cadre du PLU et par la mise en place d’une OPAH (opération programmée d’amélioration de l’habitat) tout en veillant à la maîtrise du foncier.
 Le dynamisme est également associé à la jeunesse, et un des points forts de notre campagne, dans le cadre de cette mise en place du PLU sera de pouvoir permettre à des jeunes couples de se loger dans la commune, d’y vivre, d’y élever leurs enfants, de veiller à l’accueil de ceux-ci dans les meilleures conditions, de la crèche au lycée, en passant par l’école, le collège, les associations sportives ou culturelles. Autant de structures de proximité qu’il faut accompagner et soutenir dans leur fonctionnement.
 Il faudra aider également les personnes à revenus modestes à se loger, parce que nous sommes de gauche et solidaires. Er parce que la précarité liée à la baisse du pouvoir d’achat et à la menace sur les retraites, gangrène à présent toutes les générations. Il faudra aider également les personnes âgées à vivre le plus longtemps chez elles, en développant en particulier l’aide à domicile.
 
Ces quelques propositions que j’évoque ce soir sont réalistes et réalisables. Nous en aurons encore beaucoup d’autres ainsi, réalistes et essentielles, simples et exigeantes. Elles seront aussi nos réponses attentives aux demandes formulées par nos concitoyens.
 Et c’est ainsi que nous entendons fonctionner. J’en viens à un axe fort de notre thématique qui sera la volonté de concertation et de donner plus de pouvoir de décision aux citoyens : la démocratie participative.
 Car qui connaît mieux son quartier que celui qui y habite ? Il faut donc, c’est impératif, relancer les Comités de Quartier. Et, dans cette même volonté d’associer tout le monde sans exclusion, dans une démarche constructive de gestion, donner les moyens de fonctionner aux conseillers municipaux d’opposition, et surtout leur laisser la liberté d’expression dans le journal municipal payé par nos deniers, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
 Il faudra laisser une liberté d’action au mouvement associatif par rapport à l’exécutif local, en recréant l’OMS, le comité des fêtes, structures qui coordonnent et surtout préservent la neutralité des associations loi de 1901. Les élus sont délégués pour les gérer dans le respect des diversités et non pour les régenter. C’est une application du principe de laïcité, car notre combat est politique mais aussi laïque.
 
 Nous aurons bien sût l’occasion de revenir sur notre programme. Des commissions de travail traitant de nos thèmes sont déjà à pied d’œuvre. Nous présenteront l’ensemble fin janvier.
 Notre campagne sera avant tout une campagne de proximité, de débat dans le respect des personnes. Une campagne municipale ne doit pas être une guerre civile. Nous allons commencer le porte à porte, le travail de terrain dans les quartiers. Et je compte sur vous pour nous aider, participer à ces rencontres, apporter des idées et vos critiques. Elle doit être porteuse d’espoir dans cette période grise.
 
 
 
 Je finirai mon propos par cette inquiétude. En 2001, l’équipe Torrent avait choisi comme slogan de campagne : « là où il y a une volonté, il y a un chemin », phrase célèbre de Rudyard Kipling. Aujourd’hui, 7 ans plus tard, à l’heure du bilan, où en est-on ? On cherche en vain la volonté et le chemin. Peut-être que cette fois, en référence au « Livre de la jungle », titre évocateur du même auteur, le slogan sera « C’est quand qu’on va où ? ».
 
 Camarades, je vous souhaite une bonne et heureuse année.
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