Discours du 5 mars
Discours de Claire Rodriguez-Peytavi lors du meeting du 5 mars 2008-03-06
Je vous remercie d’être venus ce soir malgré le froid, malgré le vent violent. Lors de notre précédente réunion publique les candidats de
« Céret en mouvement » se sont présentés à vous, j’ai tracé les grands axes de notre programme municipal et je vous ai donné rendez-vous pour aujourd’hui pour une présentation complète
de notre projet pour Céret. Entre temps, nous avons déposé régulièrement dans vos boîtes aux lettres des tracts thématiques au nombre de 5 et depuis vendredi dernier nous distribuons notre
journal de campagne, si vous ne l’avez pas déjà il y a des exemplaires à l’entrée. Ce journal synthétise tout ce que nous avons développé dans nos tracts. Notre projet, c’est le résultat d’une
réflexion collective réalisée en commissions de travail. Notre grande diversité, qui est notre richesse, nous a permis d’aborder et de développer de nombreux thèmes et chacun apportant sa petite
pierre nous avons bâti, nous avons édifié un programme complet et cohérent.
Et je voudrais remercier ce soir tous mes colistiers pour leur engagement, leur disponibilité, leur persévérance et pour l’énorme travail accompli en deux mois de
campagne ; remercier aussi tous nos sympathisants et nos amis pour leur soutien et leur participation active : Jean Claude qui anime sur internet le blog de notre campagne et qui
l’alimente tous les jours en articles nouveaux et ceci dès sept heures le matin, et Roger qui nous accueille chez lui au 6 rue Jacques Souquet avec tant de chaleur et de dévouement, et tous les
auteurs de dons généreux que nous avons reçus en soutien. Je voudrais aussi excuser ce soir les absents qui sont avec nous par la pensée : Jacqueline Jouary, Geneviève Girard, Philippe
Bienfait, Muriel Bataillé, notre benjamin Yannick Martin qui fait actuellement un stage à Paris dans le cadre de ses études. Pour tout vous dire chers amis, je suis fière de nous, fière de ce que
nous avons su réaliser sans trop de moyens mais avec notre bonne volonté, notre courage, notre solidarité, notre envie d’œuvrer pour la collectivité car nous sommes parmi vous de simples citoyens
animés par un exigence : nous voulons pour Céret, cette ville que nous aimons, le meilleur, le rayonnement qu’elle mérite ; nous la voulons belle, accueillante, dynamique, généreuse et
lumineuse.
Dans les tracts que vous avez reçus, et sans doute lus, nous exposons notre démarche de démocratie participative, notre politique de la ville en matière de logement et
de développement urbain, notre engagement pour un véritable développement durable local ; nous vous parlons d’action sociale, de culture, d’éducation, de jeunesse et sport, de
sauvegarde des services publics, d’économie et de finances, de la communauté de communes, du Pays Pyrénées Méditerranée. A la suite de mon intervention, 12 de mes colistiers, porte paroles de
notre groupe, vous présenteront nos propositions dans ces domaines.
Les périodes municipales sont toujours des périodes charnières entre deux mandatures, des périodes très importantes, cruciales même, où l’on fait l’état des lieux dans
les communes. Nous avons fait l’état des lieux de notre ville, et notre programme est bâti en creux sur des constats de manque : manque de proximité et d’écoute, manque de concertation et
d’information, manque de souffle économique, de dynamisme, manque d’infrastructures sportives, manque d’entretien des structures existantes, manque de logements, en particulier pour les jeunes et
pour les personnes à revenus modestes, manque d’intérêts pour les problèmes environnementaux, manque de cohérence dans les actions, manque d’ouverture. Autant de manques que ne sauraient
dissimuler les magnifiques poteries d’Anduze, magnifiques mais très chères, dont la ville est gratifiée, surtout depuis un mois, avec les inaugurations de fin de mandat. Bien sûr tout cela nous
le savions déjà, pour beaucoup, car nous sentions l’inquiétude, et parfois l’indignation de nos conseillers municipaux d’opposition Jacqueline Jouary, Chantal Décosse, Salvador Rodriguez,
dépositaires de la gestion d’avant 2001, présents dans tous les conseils municipaux et si attentifs à la vie de la cité, mais Chantal et Salvador évoqueront mieux que moi tout à l’heure leur
expérience.
Alors, dans ce projet que nous vous proposons, nous vous parlons de tout ce qui aurait dû être fait, qui doit être fait, ou qui pourrait être fait. C’est un programme
volontaire, ambitieux pour la ville, concret et complet afin que vous puissiez vous déterminer en connaissance de cause. En ce qui nous concerne d’ailleurs, vous pouvez complètement vous
déterminer en connaissance de cause puisque nous n’avons jamais caché notre appartenance politique, nous sommes étiquetés à gauche sans ambiguïté et sans complexe.
Dans une lettre que je vous ai adressée au mois de janvier, et parce que je considère qu’une campagne municipale ne doit pas être une guerre civile, j’ai écrit que je
mettrai au fronton de mon engagement le respect des personnes et de mes concurrents durant cette campagne. Mes colistiers et moi-même nous avons tenu parole car nous avons une haute idée de ce
que doit être la fonction d’élu. Et pour paraphraser une personnalité célèbre, je dirai qu’un élu doit tirer vers le haut la destinée d’une collectivité et qu’il est comptable de ses paroles et
de ses actes qui doivent être édifiants pour ses concitoyens, dans le sens, bien entendu, de constructif et propre à élever le débat. Donc, si vous avez pu constater que cette campagne s’est
déroulée paisiblement, c’est que nous « Céret en Mouvement » avons voulu constituer une liste d’opposition loyale, digne, combattive, portant le débat uniquement sur les différences
d’orientation programmatique. Loyaux, dignes et combattifs, comme l’ont été, entre 2001 et 2008, les trois conseillers municipaux d’opposition sortants Jacqueline, Chantal, Salvador, présents sur
notre liste, injustement malmenés parfois. Alors, sans vouloir rouvrir des blessures, je voudrais cependant rapidement évoquer, en comparaison, la campagne municipales de 2001. Entre parenthèses
et avec vous, car vous êtes nombreux à la faire, cette comparaison. 2001, où l’opposition d’alors, actuellement majoritaire, s’est adonnées à une campagne violente sur des personnes, sur nos
amis, élus de gauche, et a fait preuve d’une mauvaise foi consternante sur les réalisations d’alors et les projets. Rappelez-vous les sempiternelles ritournelles sur le musée, l’ironie d’Alain
Torrent concernant le projet de chantier des Tins : « Qu’ils crrreusent, qu’ils crrreusent, ils vont trrrouver un trrrésorrr », un projet qu’il s’est empressé de reprendre à son
compte, comme le musée d’ailleurs. Et le proverbe chinois déplore : « Pourquoi parle-t-on toujours de celui qui tire l’eau du puits et jamais de celui qui l’a creusé ? ». Il y
eut aussi des attaques nauséabondes sur la gestion de la ville et une menace d’audit sur les finances, qui n’a pas eu lieu, et pour cause : il n’était pas fondé. Mais on a voulu vous induire
en erreur. Et puis les rues sales, et les crottes de chiens. Mais il n’y a pas eu là de solution miraculeuse, on peut alors, peut-être, en déduire que les chiens ont une grande faculté
d’adaptation au changement. Et puis, les bruits, à la sortie des boîtes de nuit, dans le haut de la ville. Mais il est vrai qu’en 2001 il fallait éliminer des élus socialistes et des élus de
gauche par tous les moyens et la fin a sans doute justifié les moyens. Alors, qu’on ne me dise pas que les élections municipales à Céret ne sont pas politiques. Et c’est peut-être sa conscience
qui, quelque part, dicte à Alain Torrent cette obsession d’unir Céret après les épisodes de désunion, douloureux pour la ville, auxquels il a largement contribué.
Mais je referme vite cette parenthèse, car, si je m’inscris, avec mes amis, dans la continuité de l’action municipale d’avant 2001, je ne suis pas là par esprit de revanche ou pour
porter une vendetta. J’incarne le renouvellement générationnel à gauche, au féminin, et je veux construire avec vous l’avenir de Céret.
La ville est paisible donc. L’aspect paisible de cette campagne est à mettre à notre actif, nous l’opposition de gauche politique, qui n’avons voulu bassement
polémiquer, car il y a déjà tant à dire sur le manque de réalisations et tant à proposer.
Une période électorale, c’est une période intense, passionnante, de confrontations d’idées et de production d’écrits. Nous lisons tous, nous commentons ce que nous
lisons, parce c’est là, aussi, un des buts de ce grand jeu démocratique, ce jeu sérieux qu’est une élection.
Alors je voudrais commenter devant vous, et avec vous, le slogan de campagne de la liste « Unir Céret » : « J’ai un parti, mon parti c’est Céret ». Certes,
il n’échappe à personne que c’est une stratégie bien rodée pour ratisser large dans l’électorat, mais lorsqu’on observe les trois listes en présence sur la ville, on se pose légitimement une
question : où est la droite à Céret ? Où est la droite ? Une droite qui a fait tout de même un bon score aux présidentielles et qui a voté Sarkozy. Où est la droite ? Où
est-elle dissimulée ? Il ne fait pas chercher longtemps pour la trouver. Lorsque le maire sortant explique publiquement que sa liste est sans étiquette car « elle n’a pas de
prrrix », connaissant son humour et voulant croire à son humilité, nous savons qu’il ne s’agit pas là d’autosatisfaction mais d’autodérision. D’autre part, vouloir « servir Céret »
comme il est écrit, c’est la base de l’engagement, c’est inhérent à la démarche lorsqu’on brigue un mandat municipal. Nous aussi nous voulons servir Céret dans nos mandats municipaux, mais dire
« rien que Céret », c’est très restrictif au regard du rôle de sous-préfecture que notre ville doit assumer, de son rôle au sein de la communauté de communes et de son statut de
capitale du Vallespir. Céret doit rayonner et doit être solidaire sur tout son territoire.
Je voudrais aussi revenir rapidement sur la liste de Monsieur Jean Paul Coste « Agir pour Céret ». Certains points de nos programmes sont proches, vous nous
l’avez dit pour l’avoir constaté, c’est tant mieux. Leurs tracts suivent les nôtres, c’est que la réflexion d’Agir pour Céret corrobore la nôtre et nous pouvons donc penser que nous sommes dans
le vrai dans notre vision de la ville. Notre différence réside cependant dans notre lisibilité par rapport à l’électorat. Je ne doute pas des valeurs de gauche que porte cette équipe mais les
retours que nous avons eus sur son refus épidermique des partis politiques et du parti socialiste en particulier m’attristent. C’est vrai qu’il est de bon ton à l’heure actuelle de fustiger la
gauche, une partie de la gauche et les partis politiques dont le fonctionnement, à gauche comme à droite, n’est certes pas parfait. Mais ces partis demeurent, dans notre république, par leur
ténacité, les garants d’un fonctionnement démocratique et d’ailleurs c’est aux périodes les plus sombres et les plus troublées de notre histoire qu’ils ont été supprimés. Alors c’est vrai qu’il y
a souvent des couacs dans les directions d’appareils, mais dans toute société humaine, nous le constatons, il y a du négatif, du positif et surtout du perfectible. Mais à la base des partis, où
nous sommes, mes camarades et moi, il y a des militants sincères, engagés contre les effets dévastateurs du libéralisme dans ce pays, la France où 50% des habitants gagnent moins de 1550 € par
mois et où 7 millions de personnes vivent au-dessous du seuil de pauvreté, et notre charmante ville n’est, hélas, pas isolée de ce contexte national. Oui nous sommes des militants, convaincus
qu’il faut se battre pour obtenir plus d’égalité, de justice sociale, plus de pouvoir d’achat, qui essaient de vous convaincre, vous, nos amis, nos concitoyens que le changement passe par les
urnes et ce, dès les municipales. Et puis j’aimerais que l’on m’explique d’ailleurs comment il pourrait y avoir une alternative en France au sarkozysme sans les partis politiques de gauche. Notre
liste est composée pour un tiers de personnes de la société civile qui ont bien compris notre démarche et qui ont voulu se joindre à nous, c’est donc que c’était possible et que nous ne sommes
pas des dogmatiques obtus. Alors, comme beaucoup de Cérétans, je regrette bien sûr que la liste de Monsieur Coste n’ait pu trouver à s’accorder avec la nôtre dès le premier tour ; j’espère
de tout cœur que cela ne sera pas préjudiciable à la gauche à l’heure des résultats, car ce serait très grave qu’il n’y ait pas d’alternative à l’inertie actuelle.
Dans le programme que nous allons vous présenter, nous faisons beaucoup de propositions nouvelles car nous voulons pour Céret la qualité et l’excellence. Un grand
nombre d’entre vous les ont lues attentivement et vous posez forcément la question du financement de ces propositions. Je ne vais pas empiéter sur les interventions de mes colistiers mais je vais
prendre quelques exemples pour vous montrer que ce que nous avons pensé est réalisable à court ou moyen terme. Certaines propositions ne sont pas onéreuses comme par exemple recréer des comités
de quartier, laisser un bureau de travail à l’opposition, travailler sur le retour en régie publique de l’eau. D’autres demandent un investissement en personnel communal, je vous rassure, la
mairie n’est pas en sureffectif et le premier service public à préserver, à défendre et à développer c’est la mairie, car la mairie c’est la maison de tous. Nous voulons renforcer en
personnel le CCAS pour mieux écouter, accompagner, informer. Créer un emploi de gardien pour les installations sportives de la Fontcalde reviendra sans doute moins cher à la collectivité que de
constamment avoir à réparer des dégradations. Nous voulons mettre en place à la mairie une cellule d’appui logement, d’aide et d’information car le logement est une de nos préoccupations, un
grand axe de notre programme. Certaines réalisations sont aujourd’hui indispensables et devront être des priorités, je pense notamment aux nombreux manques en infrastructures sportives et
culturelles pour que les associations qui sont une véritable richesse sur Céret puissent fonctionner normalement, ce qui n’est pas le cas pour toutes aujourd’hui. Et nous irons chercher les
subventions nécessaires, et nous établirons un calendrier de réalisations et sachez bien que pour tout projet nous associerons les personnes concernées, ce qui permettra d’être pertinents,
efficaces et moins dispendieux. Il y aura bien évidemment une part de financement de la mairie ; depuis la mise en place de l’EPCC la mairie réalise une économie annuelle de 300000€, ce qui
correspond à 7% des impôts locaux qui n’ont pas baissé pour autant. Ces 300000€ annuels permettent une marge de manœuvre financière que nous saurons investir pour combler les manques
contrairement à ce qui est fait actuellement. Si nous sommes élus, c’est peut-être nous qui « allons trrrouver un trrrésor ».
D’autre part nous travaillerons pour la prise en charge par la communauté de communes du tri sélectif, et vous savez que le tri sélectif fera baisser la facture
d’ordures ménagères qui a augmenté de plus de 50% depuis 2001. Avec la communauté de communes également nous voulons réaliser une pépinière d’entreprises en zone artisanale Ulrich et aider au
développement de cette zone. Nous voulons enfin réaliser la construction d’une salle de spectacles et de congrès nécessaire à une politique culturelle d’ampleur et de qualité pour Céret et pour
tout le Vallespir. A propos de la communauté de communes, dans son tract N°4, Alain Torrent affirme que « contrairement à ce que disent des personnes mal informées, la communauté de communes
fonctionne ». S’il y a un point avec lequel je suis bien d’accord avec lui, c’est qu’effectivement nous sommes bien mal informés, il n’y a aucune information développée, divulguée, sur son
fonctionnement, aucun compte-rendu, même pas dans la presse. Heureusement donc qu’il y a les élections municipales pour que l’on apprenne que cette
structure fonctionne, mais s’il y avait des réalisations d’ampleur nous les aurions vues. Un autre outil inutilisé par la municipalité, c’est le Pays Pyrénées Méditerranée et ça laisse un peu
rêveur quand on sait par exemple qu’une commune adhérente a su bénéficier en deux ans d’un million et demi d’euros de subventions.
Dans le dernier tract d’Unir Céret, Alain Torrent fait état d’un soutien total du Conseil Général qu’il reconnaît être une chance, un atout majeur. C’est bien de la
part d’un apolitique de dire qu’un Conseil Général de gauche et qu’un Conseil Régional de gauche, constitués d’élus de partis politiques de gauche jouent pleinement leur rôle, car je rappelle que
ce sont nos impôts qui permettent à ces structures de fonctionner et d’accorder des aides dans l’intérêt général. C’est donc pour ces structures un fonctionnement normal que d’aider Céret et
heureusement, dirai-je, que le Conseil Général et le Conseil Régional ont soutenu Céret pendant ces années car dans le cas contraire on peut aisément imaginer que la situation de la ville aurait
été à ce jour catastrophique. C’est pour cela que nous, partis politiques de gauche, nous nous battons aussi pour garder la majorité au Conseil Général car si tel est le cas nous pourrons bien
entendu compter sur leur aide.
Hier, Benoît Hamon est venu nous rendre visite, j’avais à mes cotés Sébastien Pouilly, candidat aux cantonales pour le Parti Communiste, et Robert Garrabé, candidat
aux cantonales pour le Parti Socialiste. A ce propos et pour finir, je voudrais vous lire un petit message de Robert Garrabé qu’il a adressé à notre liste et qu’il m’a demandé de vous
lire :
« Chers camarades,
Comme vous n’êtes pas sans le savoir, depuis bientôt un mois j’anime sur l’ensemble du territoire du canton et plus spécialement dans les 14 de communes de ce dernier des réunions
publiques et entretiens au cours desquels je n’ai de cesse de défendre et d’assurer la promotion des valeurs auxquelles nous sommes tous particulièrement attachés. J’ai pris connaissance de votre
réunion du mercredi 5 mars, date à laquelle j’anime moi-même à Saint Jean Pla de Corts une réunion publique dans le cadre de l’élection municipale. Dès lors je souhaite par la présente exprimer
mon soutien à votre liste Céret en Mouvement et vous adresse tous mes vœux de réussite pour l’élection à venir.
Robert Garrabé, conseiller général
Je remercie donc Robert pour son soutien affiché et renouvelé ce soir. Je vais m’interrompre et laisser mes colistiers s’exprimer sur les thèmes de notre campagne et
vous montrer qu’ils sont tous prêts à assurer une responsabilité pour la ville.
Merci.
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